lundi 20 avril 2009

En réponse aux Alternatifs

Chers camarades,

Vous avez interpellé les initiat eurs-rices de “l’appel à la constitution ...” et sans forfanterie aucune nous nous reconnaissons assez dans cette qualification et pour cela nous vous répondons ce qui suit.

Jamais le nom de votre messagerie n’a aussi bien porté son nom.

Vous sortez en effet, avec votre texte, le grand tam-tam des idées que nous partageons tous, et nous nous demandons encore pourquoi faut-il que vous y mettiez autant de dénonciations.

Pour justifier une distance par rapport à l’observatoire ? Distance sur la clarté de son engagement par rapport aux discriminations, aux jeunes des cités ? Tout cela n’est pas sérieux et pour avoir travaillé comme enseignante (EG) pendant 20 ans sur des établissements en zone sensible, et fait installer dans un de ces établissements (les Eucalyptus à Nice) un atelier sur les discriminations où tous les les lycéens pouvaient participer en lien avec des associations d'Education Populaire, pour l’une ou pour avoir tenu pour l’autre (HR) pendant trois ans avec des camarades de la section LDH Cannes-Grasse une permanence à la Zaïne avec implication “autogestionnaire” des habitants (avec notre appui, ils ont créé par exemple une “Ligue des droits du prisonnier”), trop peu nombreux certes, pour avoir aussi animé avec les mêmes, pendant deux ans dans les classes SEGPA du collège Picasso toujours à la Zaïne, un atelier rap la première année et graff la seconde, sur le thème chaque fois des droits de l’Homme, de la place de la femme, de la laïcité, de la fraternité, nous croyons connaître un peu les problèmes que vous soulevez. Et puis, nous pouvons affirmer que pas une seule personne qui participe à notre aventure de l’observatoire ne pourrait modifier un mot, une virgule, de votre interpellation, tant ces problèmes sont cruciaux aujourd’hui pour toute femme et tout homme de progrès. Alors, erreur de votre part ? Nous n’avons pas assez privilégié les discriminations ?

Croyez-vous vraiment que l’heure est à la hiérarchie des problèmes, au moment où la société toute entière est peut-être en train de péter à la gueule du pouvoir et de ses inspirateurs : le patronat, la bourse et les nantis ?

Vous vous trompez dans votre analyse de nos intentions et de nos cibles, mais toutefois pas sur le fond de la question, bien qu’involontairement.

Car en effet, nous n’avons pas voulu faire de l’observatoire une fédération d’organisations de gauche pour lutter contre les forces que nous dénonçons tous. Au reste à quoi servirait une nème organisation, de surcroît animée par les mêmes qui combattent ailleurs ? A celles-ci de convenir d’un tel rassemblement. Mais quand nous voyons la pitoyable impossibilité de rassembler la gauche de la gauche, en vue des Européennes, nous nous disons qu’au moins nous aurons évité de perdre du temps ! Il nous semble qu’il y a assez de syndicats, de partis, d’associations dans des domaines riches et variés pour organiser et conduire la lutte. Ils sont suffisamment présents sur le terrain, impliqués dans des actions diverses pour couvrir l’arc-en-ciel de la mobilisation nécessaire.

Nous avons voulu constituer un observatoire pour éclairer d’abord les citoyens et servir à terme le mouvement social et l’action politique dans cette mobilisation.

Et pour cela, chers camarades il est indispensable que nous soyons crédibles. Bien sûr que la révolte des jeunes, toute politique fut-elle, peut se traduire violemment, pour autant, afin d'être crédibles, nous ne pouvons justifier l'atteinte aux biens publics ou privés, même et surtout s’ils sont manipulés par ceux que vous nommez non sans raison, les “nouveaux harkis locaux”. Il est indispensable que l’on ne passe pas (même si cela sera vite inévitable) pour des contestataires de plus du laboratoire sarkozyste que constitue Nice et ce département dominé par Estrosi. Que de simples citoyens aient envie de découvrir ce que l’imposture de ce gouvernement leur cache (heureusement de plus en plus difficilement) lorsqu’il dit et défend exactement le contraire de ce qu’il fait.

Nous observons des faits et les mettons en perspective. Point.

Encore une fois, l’action n’est pas pour nous. Elle est pour vous et pour toutes les forces engagées sur le terrain des luttes où, déjà, militent quasiment tous les membres de l’observatoire.

Et pour cela nous avons fait le choix de ne pas appeler à notre soutien des organisations en tant que telles et nous ne vous demandons certainement pas, en tant qu’organisation, pas plus qu’aux autres, de signer l’appel. En revanche la porte de notre structure est ouverte à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté, donc aux militants “Alternatifs”.

Parce que nous aimons le tam-tam, tout comme la petite musique de votre interpellation, dont pas une note, nous le répétons, ne nous est étrangère, nous avons essayé de vous éclairer au mieux quant à nos intentions. Nous espérons y être parvenu. L’observatoire semble bien parti et sans doute avant peu nous retrouverons-nous pour y travailler.

Nous préférons, avec vous, la fraternité à des salutations, fussent-elles “autogestionnaires”.

Henri ROSSI, Emmanuelle GAZIELLO, pour la co-présidence de l'Observatoire des Droits et Libertés.

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